Pour bon nombre de particuliers, choisir un prêt immobilier consistait autrefois à tout simplement trancher entre taux fixes et taux variables. Désormais, cette question risque fort de ne plus être d'actualité. On est en effet en droit de s'interroger aujourd'hui sur l'avenir du prêt à taux variable, tout au moins à destination des particuliers.
"Pouvoir proposer un prêt immobilier dont le taux d'intérêt se trouvait être nettement inférieur à un
prêt à taux fixe, voilà le principal avantage du
prêt à taux variable. S'il s'adressait essentiellement à des ménages dont les revenus n'autorisaient pas la souscription d'un prêt à taux fixe, le prêt à taux variable était également choisi par les particuliers « joueurs » misant sur un avenir radieux."
Crise financière oblige, les taux variables sont désormais supérieurs aux taux fixes de l'ordre de 0,10 à 0,30%, perdant du même coup leur principal avantage sur ces derniers. Délaissés par les clients, ils le sont aussi par des banques qui les effacent petit à petit de leurs panels d'offres. Selon la dernière publication de l'Observatoire Prêt logement / CSA, la part des prêts à taux variables ne s'élèvent désormais plus qu'à 1,3% de l'ensemble de la production de prêts (la chute est lourde puisqu'en 2004, cette part atteignait les 20,9%).
"Mais comment ces taux variables, qui par définition se doivent d'être inférieurs aux taux fixes, ont-ils pu en arriver là, au point d'être menacés d'extinction ? Tout simplement parce que ces taux de prêt sont généralement définis en fonction de l'Euribor (Euro Interbank Offered Rate). L'Euribor représente le taux appliqué aux prêts interbancaires pour la zone Euro. Des prêts interbancaires qui se sont peu à peu restreints, érodés par la suspicion des banques les unes envers les autres. La crise financière n'a évidemment pas mis un terme aux prêts de liquidités entre les établissements mais, faute de confiance, ceux-ci se sont alors effectués avec des taux d'intérêts bien plus élevés qu'à l'accoutumée. L'Euribor enregistrant des progressions notables, les taux variables en ont fait autant, jusqu'à franchir le seuil des taux fixes."