A la veille de la publication des résultats trimestriels des banques françaises, le consensus des analystes table sur 320 millions d'euros pour la Société Générale et près de 1 milliard pour BNP Paribas. Coût du risque et dépréciations resteront les thèmes majeurs. L'international sera également une question importante, notamment pour les services financiers spécialisés.
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La valse des publications trimestrielles de résultats des banques françaises commence cette semaine. BNP Paribas ouvrira le feu mercredi, suivi le lendemain de la Société Générale. Crédit Agricole SA et Natixis viendront la semaine prochaine.
Selon les estimations des analystes, le premier trimestre devrait être marqué par un retour aux bénéfices - environ 320 millions d'euros pour la Société Générale et près de 1 milliard pour BNP Paribas - après un quatrième trimestre 2008 dans le rouge pour BNP Paribas et tout juste positif pour Société Générale. Dans un contexte de crise mais sans événement d'ampleur équivalente à la faillite de Lehman ou à l'affaire Madoff, les établissements seront scrutés sur des aspects plus traditionnels.
Le premier devrait être la montée du coût du risque, lequel avait déjà bondi en flèche au trimestre précédent. Du fait de la dégradation de la conjoncture, les défaillances des entreprises et notamment des PME vont peser. L'international sera aussi une question majeure, notamment pour les services financiers spécialisés. BNP Paribas tout comme la Société Générale ont dû provisionner des sommes importantes au quatrième trimestre pour faire face à la défaillance de leurs clients en Ukraine, en Russie ou en Espagne.
La situation des « monoline »
Des dépréciations d'actifs sont également à prévoir. La Société Générale a ainsi prévenu que la dégradation de la situation financière des « monoline » pèsera de nouveau au premier trimestre, tout comme la détérioration de la valeur des produits structurés. Le redressement des activités de banque de financement et d'investissement (BFI) sera scruté à la loupe. Certains métiers comme les taux, le conseil ou le financement devraient bénéficier d'un redressement des marges dans un contexte de disparition de grands concurrents.
En France, l'affaiblissement de la conjoncture ne devrait pas fournir des performances mirobolantes en banque de détail, même si les marges devraient s'être redressées sur les crédits. L'évolution des encours sera une question majeure. Les banques françaises bénéficiaires de la première tranche de renforcement des fonds propres par l'Etat pourront-elles tenir leur engagement d'une croissance annuelle des crédits de 4 % ? Certaines ont communiqué sur une chute de la production de crédit immobilier de 40 % à 50 % sur les deux premiers mois de l'année.
Sauf surprise, BNP Paribas et Société Générale ne devraient pas réutiliser l'amendement à l'IAS 39. Il leur avait permis au quatrième trimestre de reclasser 23,5 milliards d'euros d'actifs pour Société Générale et 8 milliards pour BNP Paribas.
RÉJANE REIBAUD, Les Echos
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