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BNP Paribas numéro un des banques d'affaires en France en 2008

Pour la quatrième année consécutive, c'est BNP Paribas qui a raflé la première place du palmarès des banques d'affaires en France en 2008, avec 87,5 milliards de dollars d'opérations conseillées. Il est talonné de près par JP Morgan.
<<Et de quatre. Pour la quatrième année d'affilée, BNP Paribas emporte la palme de la banque d'affaires la plus active en France sur le marché des fusions-acquisitions en 2008. Selon le classement établi par la base de données Thomson Reuters, la banque de la rue d'Antin a conseillé 58 opérations annoncées en 2008, pour un montant total de 87,5 milliards de dollars, soit un peu plus que l'an dernier. Présente sur la quasi-totalité des grands « deals » de l'année, à l'exception de l'acquisition par Pernod de la vodka Absolut, la banque est aussi numéro un du classement par opérations bouclées en 2008, avec plus de 142 milliards de dollars d'opérations.

Talonnant de près la banque française, JP Morgan s'arroge cette année la deuxième place, regagnant 5 rangs avec 87,1 milliards d'opérations conseillées. Il est intervenu dans sept des dix plus grosses opérations annoncées cette année. Vient ensuite Citi, avec 74,5 milliards de dollars d'opérations, dont EDF-British Energy, au côté du second, et le spin-off de Suez Environnement. La banque a également opéré sur la cession de son propre réseau en Allemagne au Crédit Mutuel. Rothschild & Cie, qui affiche encore cette année un nombre d'opérations record, et Merrill Lynch se positionnent à la 4e et 5e place, devant Morgan Stanley et UBS, dans un mouchoir de poche. Calyon et Société Générale s'arrogent les 8e et 9e places.

Sur un an, le contraste est frappant. En France comme en Europe ou dans le monde, les volumes sont en forte baisse, affichant un recul de 34 % dans l'Hexagone, contre une baisse de 30 % en moyenne dans le monde et en Europe, selon Thomson Reuters. Le recul des opérations bouclées en 2008 est en revanche plus modeste, de 3,3 %, à 254,7 milliards de dollars.


Marché bloqué à partir de juin

Crise oblige, l'année a été divisée en deux. Le premier semestre est resté assez actif, dans la continuité de 2007. Puis « le marché s'est bloqué à partir du mois de juin 2008, constate Jean Beunardeau, responsable des activités banque de financement et d'investissement chez HSBC France. La rareté du financement, l'incertitude des valorisations, et les inquiétudes sur l'avenir ont commencé à se faire sentir. » « Seules les transactions initiées avant l'été ont pu être finalisées, parfois avec beaucoup de difficultés », renchérit Edouard Debost, « managing director » chez Hawkpoint.

De fait, à partir de l'été, et plus encore après la faillite de Lehman, l'incertitude est devenue le maître mot. Pénalisées par un assèchement de la liquidité, les banques ont commencé à couper graduellement la distribution de crédit, jusqu'à bloquer complètement certaines opérations. Ce fut notamment le cas de celles engagées avant l'été dans un marché beaucoup plus favorable, comme l'offre de BHP sur Rio Tinto à 66 milliards de dollars, qui a été abandonnée fin novembre faute de financement. « Les entreprises ont des bilans plutôt sains, et réfléchissent à des opérations, mais hésitent à les lancer, note Matthieu Pigasse, associé-gérant chez Lazard. D'une part, parce qu'il n'y a pas de financement et, de l'autre, parce que la volatilité des marchés actions rend peu fiables les valorisations. En outre, le manque de visibilité sur l'environnement des deux ou trois prochaines années fait qu'il est difficile de construire des «business plans», à partir desquels sont faites les valorisations. De tout cela résulte un certain attentisme. »

Le manque de visibilité a même conduit certaines entreprises à faire marche arrière. Au niveau mondial, 1.309 opérations annoncées ont été abandonnées, selon Dealogic, un chiffre record, en hausse de 48 % sur un an. En France, Total a renoncé à reprendre le canadien Nexen début décembre. Quelques mois plus tôt, France Télécom avait abandonné son opération sur Teliasonera. Pourtant, les deux opérations étaient financées. « Pendant trois ou quatre ans, il y a eu une sorte de prime à l'audace : les entreprises qui annonçaient une opération voyaient presque systématiquement leur cours de Bourse monter, explique Severin Brizay, « managing director » chez JP Morgan. Aujourd'hui, pour qu'une opération se fasse, il faut que toutes les étoiles soient alignées : un bon prix, un sens stratégique fort, une dette mesurée. »


Opérations d'opportunité

Pour 2009, les perspectives sont globalement assez sombres. « Le premier semestre devrait être difficile, observe Charles-Henri Le Bret, « managing director » chez UBS. Les secteurs de l'automobile, de l'équipement de la maison et des services vont souffrir. » On devrait néanmoins assister à des cessions d'actifs ainsi qu'à des opérations d'opportunité. « Si les marchés se stabilisent, aux niveaux actuels historiquement bas, avec une forte baisse de la volatilité, il y aura des transactions en 2009, y compris des transactions transformantes de grands groupes », juge Michel Payan, responsable du corporate finance à la Société Générale. « Dans le contexte actuel, je pense qu'on verra surtout des opérations simples, et de préférence payées en titres », résume Marc Pandraud, « managing director » chez Merrill Lynch.

Outre le secteur financier, qui promet de rester animé, l'immobilier pourrait connaître une vague de consolidations. « 2009 sera une année difficile avec certainement des opportunités intéressantes - il y aura des restructurations dans l'immobilier et l'industrie, estime Thierry Varène, responsable du corporate finance chez BNP Paribas. Ceux qui ont du cash ou peu de levier sauront attendre pour saisir les meilleures affaires. » Certains, enfin, croient à l'international et aux pays émergents. « La lame de fond des fusions-acquisitions va continuer à être liée à la mondialisation », estime François Kayat, responsable du corporate finance chez Calyon.>>
ELSA CONESA

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